Voici deux modèles de discours complets pour l’entrée au CP, l’un pour la fête de famille, l’autre pour l’accueil à l’école. Ils sont écrits pour qu’un enfant de six ans comprenne chaque phrase, car ce sont eux qui écoutent. Après chaque discours, découvrez pourquoi il fonctionne. Pour en savoir plus sur la structure et la longueur, consultez notre guide sur le discours de rentrée scolaire.
Exemple 1 : Le discours d’une mère lors de la fête de famille
Situation : Goûter de famille après le premier jour d’école, huit proches et la marraine sont réunis. La mère prend la parole, son fils Émile est assis à côté d’elle, fier de son nouveau cartable.
Mon cher Émile. Ce matin à six heures, tu étais déjà debout dans la cuisine, tout habillé, avec ton cartable sur le dos. L’école ne commençait qu’à huit heures et demie. Tu avais tellement hâte d’y aller.
Je voulais dire devant tout le monde ce que j’admire chez toi. Tu sais déjà écrire ton prénom, avec un grand É majuscule. Tu sais compter jusqu’à cent, même si le soixante-dix fait parfois une pause. Et tu racontes les meilleures blagues au petit-déjeuner. Papa a encore besoin d’entraînement.
À l’école, tu vas apprendre à lire et à compter. Certaines choses vont marcher tout de suite. D’autres prendront plus de temps. C’est très bien comme ça. Si tu te trompes, tu y retourneras le lendemain et tu essaieras à nouveau. C’est exactement cela, apprendre, et tu sais déjà le faire depuis longtemps.
Je te souhaite de trouver un voisin ou une voisine de table avec qui tu pourras rire. Je te souhaite une maîtresse qui aimera tes blagues. Et je te souhaite de courir vers l’école chaque matin avec autant de joie qu’aujourd’hui.
Chère famille, levons nos tasses et nos verres. À Émile, notre grand de CP. Et maintenant, place au goûter et à la surprise qui t’attend.
Pourquoi ce discours fonctionne : Ce texte s’adresse directement à l’enfant. Chaque phrase passe le test de la simplicité et de la longueur pour un enfant de six ans. Ce sont les détails concrets qui font sa force : le réveil à six heures, le grand É, le chiffre soixante-dix qui fait une pause. Le passage encourageant libère de la pression sans dramatiser l’erreur. La fin débouche sur une action concrète, le goûter et la surprise, évitant ainsi une conclusion trop solennelle. Environ 220 mots, soit deux minutes de parole.
Exemple 2 : La directrice d’école accueille les élèves de CP
Situation : Accueil de la rentrée dans la cour de l’école élémentaire. Les 48 nouveaux élèves de CP sont assis aux premiers rangs, leurs parents et grands-parents se tiennent derrière eux.
Chers enfants, bienvenue à tous. Vous êtes assis tout devant aujourd’hui. C’est votre place, car aujourd’hui, c’est votre journée.
Je m’appelle Madame Bertrand, je suis la directrice de l’école. Cela veut dire que je veille à ce que tout se passe bien ici. Quand vous me voyez dans le couloir, vous pouvez me faire un petit coucou. Je réponds toujours.
Vous êtes venus aujourd’hui avec un beau cartable tout neuf. Je vais vous confier un secret : les bonbons d’aujourd’hui seront vite mangés. Mais ce que vous allez recevoir ici restera pour toujours. Lire. Écrire. Compter. Et vous faire des amis. Certains d’entre eux vous accompagneront toute votre vie.
Peut-être que certains d’entre vous ont le trac aujourd’hui. C’est une bonne chose. Avoir le trac signifie que quelque chose d’important commence. J’avais le trac moi aussi ce matin. Comme à chaque rentrée.
Dans un instant, vous allez faire la connaissance de vos maîtresses. Madame Martin et Madame Petit vous attendent déjà. Elles vont vous montrer votre classe et votre place. Et demain, vous aurez votre tout premier cours.
Chers parents, chers grands-parents : vos enfants sont entre de bonnes mains. Quatorze enseignants veillent sur eux, sans oublier notre gardien qui récupère toujours les ballons coincés sur le toit. Demain matin, vous pourrez les laisser sereinement au portail de l’école. Nous prenons le relais.
Et maintenant, chers élèves de CP : je vais appeler vos classes. Quand vous entendrez votre prénom, vous vous lèverez pour rejoindre votre maîtresse. La classe de CP A, vous commencez. Bienvenue à l’école Jacques-Prévert. Votre année scolaire commence maintenant.
Pourquoi ce discours fonctionne : Pas de grande phrase solennelle sur le sérieux de la vie. La directrice explique son rôle avec des mots simples et propose un geste de complicité, le petit coucou, que chaque enfant comprend immédiatement. L’image du cartable neuf et des bonbons porte le message du discours : ce que l’école apporte reste pour toujours. Les parents ont droit à un seul paragraphe, imagé et rassurant, loin du jargon administratif. Enfin, la conclusion sert de transition naturelle pour lancer la rentrée des classes. Environ 290 mots, soit près de trois minutes.
La structure commune de ces discours
Ces deux discours prennent les enfants au sérieux en tant que public principal : des phrases courtes, un vocabulaire simple et une image forte par paragraphe. Tous deux se terminent par une action concrète, comme le goûter ou l’appel des classes. La différence réside dans la portée : la maman s’adresse à un seul enfant, tandis que la directrice parle à tout un groupe sur le même ton chaleureux. Pour rédiger votre propre texte, testez chaque phrase en vous posant cette question : un enfant de six ans peut-il la comprendre ? L’outil eloqole est conçu pour écrire ainsi dès le départ.